La Ville
Martin Crimp
Texte français de Philippe Djian
L'arche éditeur
mise en scène
Etienne Pommeret
contact
Catherine Hubin/Valérie Patriarche
catherine.hubin@cpb-theatre.fr
valerie.patriarche@cpb-theatre.fr
01 40 24 01 91
Présentation
Après avoir mis en scène Dors mon petit enfant, Vivre dans le secret et Kant
de Jon Fosse, j'ai eu l'envie de retrouver un théâtre plus épique et plus
politique : celui qui raconte des histoires, qui parle de la société mondialisée
dans laquelle nous vivons aujourd'hui, société en crise (crise économique
et financière, crise sociale).
Je redécouvre alors deux textes emblématiques :
• Bienvenue au conseil d'administration de Peter Handke
• La Ville de Martin Crimp
Ces deux textes placent, de manière différente,
le spectateur au milieu du jeu : Crimp et Handke
jouent avec lui, affinent ses perceptions,
excitent et mettent à jour la conscience
d'un avenir plus incertain encore.
À la première lecture de cette pièce, j'ai été
fasciné. Je n'avais pas tout compris et cela
m'encouragea à déchiffrer plus avant cette
écriture. Depuis un certain temps, je cherchais
des textes qui décrivent notre société actuelle
mais d'une façon non didactique, je dirais d'une
façon plus subversive. Je crois qu'il est temps
de réinvestir le subversif (ne pas démontrer mais
jouer avec l'intelligence du spectateur).
J'ai relu la pièce et une deuxième fois je me
suis fait piégé par ce texte : je tombais en
totale empathie, je désirais tellement que
tout soit vrai… !
Je suis toujours surpris par tous les caractères
d'aliénation liés à la ville, ses trajets,
ses espaces, sa temporalité et par cette culture
de l'individu qui se croit unique mais qui
reproduit imperturbablement les mêmes
comportements, les mêmes façons de voir,
de comprendre. La Ville de Martin Crimp
me questionne sur ce qui est vrai et ce qui est
faux : la réalité est encore plus désespérante
que l'échec de la fiction, c'est encore plus
terrible et donc plus drôle. Notre désir de
lucidité nous saute au visage. Ce que j'aime
vraiment dans cette pièce c'est sa ruse,
c'est le piège désespéré et désespérant
dans lequel elle me met ; mon rire me terrifie !
Martin Crimp est un auteur aux multiples
influences : Tchekhov, Handke, Sarraute,
Sarah Kane… Un auteur qui cherche des formes
nouvelles, dans son style, dans sa composition,
dans la structure de la pièce. C'est une écriture
très musicale, basée sur une sorte de vivace,
d'allegro, entremêlant des monologues et
des dialogues très rapides mais nuancés,
faits de multiples contrepoints. Il va vite et
cherche à entraîner le spectateur. Il le pousse,
le bouscule pour justement mieux le surprendre,
un peu comme Hamlet qui cherche à saisir
la conscience du roi.
La grande qualité de Crimp est de ne pas tout
dire, de créer des espaces dans l'imaginaire
du spectateur. Il convoque des personnages
qui n'apparaissent jamais, ils sont libres alors
dans l'imagination du spectateur. Crimp a l'art
de l'ellipse, du rythme et cela nous conduit à
inventer une réalité qui n'a jamais été.
À l'inverse de Sarah Kane qui, dans certaines
pièces, exhibe la violence et le sexe pour nous
réveiller de notre coma télévisuel, Martin Crimp
excite notre imaginaire pour rendre réel ce qui
n'existe que dans nos phantasmes médiatisés.
Vous n'avez aucune idée de l'enfer dans lequel je vis ! Un enfer de vulgarité
et de déception.
Tchekhov
Le monde traverse une phase de grande incertitude et c'est vrai qu'il y a dans
la ville ce sentiment de précarité (…). Je crois que ce sentiment de précarité
est quelque chose qui est dans l'air depuis un certain temps déjà, d'où
le sentiment de malaise qu'il y a dans la pièce. Mais ce que je cherche avant tout
dans ce que j'écris, c'est la cohérence imaginative, le côté poétique, ce qui n'est
évidemment pas en contradiction avec le fait qu'il existe des relations avec
le monde qui nous entoure.
Martin Crimp
Distribution
La Ville
de Martin Crimp
Texte français de Philippe Djian
L'arche éditeur
Mise en scène
Etienne Pommeret
Avec
Marylin Canto
Pascal Bongard
Esse Brune
Sarah Taradach
Scénographie Jean-Pierre Larroche
Lumières Jean-Yves Courcoux
Son Valérie Bajcsa
Costumes Cidalia da Costa
Photos Bellamy
Production-administration
Catherine Hubin
catherine.hubin@cpb-theatre.fr
C'est pour bientôt-théâtre
14 rue du Plateau – 75019 Paris
01 40 24 01 91 / 06 82 07 40 08
La Ville,
crise et précarité
Écrit en 2005, Martin Crimp
s'est inspiré d'une part d'un livre
sur la précarité des cadres
chômeurs et d'autre part sur
le témoignage d'un traducteur
incapable de devenir écrivain.
Martin Crimp nous présente
des personnages pris au piège,
livrés à une société vidée
de son sens, hypnotisés par
des stéréotypes médiatiques,
incapables de réagir. Il décrit
cette gangrène qu'est la précarité
matérielle et intellectuelle
des sociétés occidentales.